Adeline Russier - romans etc.

05 novembre 2021

On en parle...

Quand ce sont les lecteurs qui parlent de mon livre, c'est encore mieux !

Voici une interview radio (12 minutes), où Dominique Saurat, une bénévole de la bibliothèque sonore, partage son coup de coeur pour Arrête, Margaret !

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22 octobre 2021

Ma première biographie

Cela fait longtemps que je n'ai pas publié d'article... Je me rattrape aujourd'hui ! Ces derniers mois, j'ai été très occupée... à,écrire ! J'ai mis la touche finale à mon prochain roman qui est parti chez les éditeurs. Je vous en parlerai plus tard car il ne sortira probablement pas avant un an. J'ai aussi trouvé le sujet de mon prochain roman et j'ai commencé à travailler le personnage principal et l'intrigue. Mais, ce qui est nouveau pour moi, c'est d'écrire des récits de non-fiction : des biographies.

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Depuis quelques mois, je me suis officiellement installée en tant que biographe privée. Cela signifie que j'écris la biographie des gens qui font appel à moi, à partir d'entretiens que j'ai avec eux. J'en parlais à la radio il y a quelques mois : écouter l'émission pour tout connaître sur mon travail de biographe (ma démarche, ma philosophie, ma manière de procéder).

Ecrire pour quelqu'un d'autre est une aventure très particulière.

Plusieurs personnes m'ont déjà fait confiance et m'ont confié la rédaction de l'histoire de leur vie. Et ça y est, je viens de terminer ma première biographie ! C'était vraiment une aventure extraordinaire, autant du point de vue humain que littéraire. C'était véritablement une rencontre, je suis entrée dans l'histoire de Giulia (pseudo) comme on dévore un bon livre et j'ai utilisé mon savoir-faire de romancière pour mettre en valeur les anecdotes de sa vie. Cette femme raconte dans son livre son existence, marquée par une extraordinaire résilience.

J'ai été touchée qu'elle me fasse confiance, qu'elle me livre ses expériences et ses pensées. Au fur et à mesure de la rédaction, elle découvrait avec émotion les chapitres de sa vie qui formaient petit à petit une histoire entière. En tant qu'écrivain, c'était troublant d'écrire un livre sans en connaître la fin, sans décider de l'histoire... et c'était passionnant ! A la fin de la rédaction, je m'efface au profit de mon narrateur : ce sera lui qui sera l'auteur du livre, même si j'ai été sa plume. En Anglais, on appelle ce travail "Ghost writer", écrivain-fantôme, cette expression est amusante et très parlante.

Si vous aussi vous voulez tenter cette aventure ou si vous connaissez quelqu'un qui a toujours rêvé de raconter l'histoire de sa vie à travers un livre, n'hésitez pas à vous renseigner : toutes les infos sur mon travail de biographe.

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21 juin 2021

Nouvelle interview radio : quelques scoops à découvrir

J'ai participé à l'émission de radio Passionnément, sur RCF Saint-Etienne.

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Dans cette interview, menée avec talent et bienveillance par Jean-Claude Duverger, je parle de mes deux romans déjà sortis : Arrête, Margaret ! et Marions Marions. Je donne quelques informations en avant première sur mon roman en cours d'écriture : découvrez son titre, le thème développé, quelques éléments de l'histoire.

Ensuite, je parle de ma nouvelle activité littéraire : l'écriture de biographies pour des particuliers. Pourquoi je me suis lancée dans cette aventure ? Comment se déroule l'écriture d'une biographie ? Qui peut faire écrire sa biographie ? Vous saurez tout cela en écoutant l'émission !

(durée 25 minutes)

lien vers le replay : cliquer ici !

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14 juin 2021

La lecture et l'écriture, un plaisir à partager

Ma résolution pour 2021 était de mettre plus d'écriture dans ma vie.

Après avoir écrit et lu en solitaire pendant tant d'années, j'ai participé à des ateliers d'écriture qui m'ont permis d'élargir mon horizon littéraire et de rencontrer des passionnés. Je vous en parlais dans un précédent article.

Pour aller plus loin, je vais proposer dès la rentrée mes propres ateliers littéraires !

Je suis tellement contente de pouvoir partager ma passion... peut-être avec vous ?

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Ils auront lieu dans ma librairie-partenaire, à L'attire-Lire (12, avenue Paccard -Veauche). Je dis librairie-partenaire car le libraire est effectivement mon partenaire de vie... Merci François de m'accueillir dans ta librairie, dans ta maison et dans ton coeur.

Il y aura des ateliers pour tous les goûts et tous les âges : ateliers d'écriture pour les adultes, atelier écrivains en herbe pour les enfants et les ados, clubs de lecture pour les adultes et pour les ados, atelier lecteurs en herbe pour les enfants, animation graines de lecteurs pour les petits (à partir de 18 mois)... Si vous aimez lire, ou si vous avez envie d'écrire, vous êtes au bon endroit !

Toutes les informations sont sur le site de L'attire-Lire, rubrique Les ateliers.

Venez en parler avec moi samedi 19 juin à la boutique pour la journée portes-ouvertes (renseignements et inscriptions).

À bientôt pour lire et écrire ensemble !

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26 avril 2021

Ateliers d'écriture : retour d'expérience

J'avais envie de mettre (encore) plus de littérature dans ma vie. Alors, depuis le mois de septembre, je me suis inscrite à des ateliers d'écriture. Voici mes impressions concernant cette expérience.

Rencontrer d'autres écrivains. L'écriture est une activité solitaire. La pratiquer dans le cadre d'un groupe permet de briser cette solitude, de rencontrer d'autres personnes qui aiment écrire. Peu importe qu'on soit un auteur édité ou un écrivain amateur, chacun est à égalité pendant le temps des ateliers. On se réunit autour du plaisir des mots. Certes, cette année un peu spéciale nous a obligés à continuer les ateliers à distance et la rencontre se fait autrement, mais les échanges restent intéressants.

Une thérapie anti-page blanche. Tous les écrivains ont des périodes de creux, qu'elles soient volontaires ou non. Quand on laisse reposer un texte plusieurs mois avant sa relecture-réécriture, quand on fait une pause entre deux gros projets, quand on est en panne d'inspiration. En participant à des ateliers d'écriture, on sanctuarise quelques heures destinées à la création littéraire. Le sujet est lancé, on doit être réactif, trouver une idée et l'exploiter immédiatement. C'est un peu stressant quand on a l'habitude de laisser les idées germer lentement, mais c'est surtout très stimulant. Après une séance, on a la satisfaction d'avoir écrit, d'avoir à nouveau la plume en main.

Se surprendre et être surpris. Ecrire d'après un thème ou une contrainte imposés oblige à créer des textes qui n'auraient pas émergé naturellement. Avec les ateliers, j'ai exploré d'autres styles, d'autres univers, d'autres formes littéraires. J'apprécie aussi beaucoup d'entendre les textes que les autres participants ont produits. Je suis toujours émerveillée de constater qu'à partir d'un même sujet, chacun propose une interprétation différente et unique. Et quand c'est à mon tour de lire la page que j'ai rédigée, je suis souvent surprise des réactions du groupe.

Ecrire pour le plaisir, tout simplement. Voilà ce qu'on partage lors des ateliers. On n'est pas forcé d'être un professionnel de l'écriture pour participer. C'est une activité de loisirs, au même titre que la danse, la musique, un sport ou une activité créative. Chaque personnalité est respectée, il n'y a pas de niveau, de compétition. Tous les styles, tous les univers, toutes les plumes sont les bienvenus. La seule contrainte est d'être toujours bienveillant avec les autres participants.

Dans le texte que je partage, je devais insérer toute une série de mots improbables. J'ai eu l'idée d'en intégrer une bonne partie sous la forme de noms de couleurs.

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Quand les petites mains en voient de toutes les couleurs

— Il va me rendre folle...

Gabrielle arrivait à peine à déchiffrer les pattes de mouche de Jean Carmin. Si le styliste avait écrit à l'encre sympathique, cela aurait été plus clair. Elle pesta contre l'outrecuidance de l'artiste qui gribouillait ses instructions sans se soucier qu'elles soient illisibles.

Inutile de procrastiner, elle se dirigea sans tarder vers la réserve à tissus. Elle traversa la grande salle des petites mains où résonnait le chant des machines à coudre et le souffle des fers à repasser. Puis elle longea le couloir et ouvrit la porte sur laquelle un panneau indiquait « magasin ».

Cette pièce était une véritable caverne d'Ali Baba, version textile. Empilement d'étoffes précieuses, soies mordorées, satins et cotonnades. Caresser les tissus la calma un peu. Mais sa tâche n'allait pas être facile.

— Il nous demande l'impossible, se plaignit Martine en faisant irruption dans la pièce. Cela fait plus de trente ans que je travaille pour lui, pourtant je ne m'habitue pas à ses exigences. L'autre jour, il a fait une crise parce que j'avais monté un modèle en bleu ciel alors qu'il avait indiqué « bleu céruléen ». Quelle différence, je te le demande ? Et lui, il hurlait : « Non, ce n'est pas anecdotique, mademoiselle ! » Aujourd'hui, il veut une mousseline « vert canopée »... Mais comment je vais trouver ça ? Et toi, tu cherches quoi ?

— De l'organza « gris cétacé »...

— Ex aequo ! Bonne chance à nous deux.

Les deux couturières fouillaient les rayonnages en devisant quand Hélène arriva les larmes aux yeux.

— Je n'y arriverai jamais...

— On va t'aider. Qu'est-ce qu'il a marqué ?

La pauvre Hélène secoua un dessin où l'on devinait deux robes griffonnées et quelques mots lancés en bas de page : « Hypothèse provisoire : sergine, couleur : rose supercalifragilibus ».

— Hélène gagne, annonça Martine.

— « Rose supercalifra »... Il a perdu la raison, diagnostiqua Gabrielle en prenant la collègue sanglotante dans ses bras. Il mériterait une injonction thérapeutique.

— Oui, renchérit Martine. De la tisane de camomille en intraveineuse et une perfusion d'huile essentielle de lavande.

Les amies plaisantèrent jusqu'au reflux des larmes d'Hélène. Puis les trois femmes partirent en quête des tissus imaginaires.

 

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13 février 2021

Marion déprime pour la fête des amoureux

Pour la Saint-Valentin, je vous offre un extrait de mon dernier roman, Marions Marion. Un bouquin romantique à souhait. Mais pour le 14 février, Marion est très très déprimée.

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Oh, non ! C'est le 14 février. Il va falloir subir la Saint Valentin.

On toqua à son bureau. Éric Pic passa la tête par l'entrebâillement de la porte. Cheveux blonds, yeux verts, dents blanches, il lui fit un sourire charmeur qu'elle ne vit même pas.

Il va ramasser les miettes, avait murmuré une secrétaire en faisant un clin d’œil alors qu'il passait dans le couloir.

Éric avait haussé les épaules ostensiblement. Il se fichait bien de ce que pouvait dire cette pimbêche.

Bonjour, Marion, dit-il d'une voix doucereuse.

Bonjour, Éric, répondit-elle machinalement. Tu viens me parler au sujet du dossier pour la crèche de Saint-Just ?

Non.

Marion ne se rendit pas compte que son interlocuteur n'engageait pas la conversation. Elle regardait par la fenêtre le ciel d'un gris anthracite uniforme, sans penser à rien. Elle n'était ni là ni ailleurs, elle n'était nulle part. C'était sa façon de souffrir un peu moins.

Marion ?

Elle sursauta.

Oui ?

Éric repensa aux quelques soirées qu'ils avaient passées ensemble, un restaurant et un ciné. C'était il y a deux ou trois ans. Bruno Decker et Sylvie Lerich le considéraient déjà comme leur gendre. Mais Marion avait coupé court à leur relation sans trop donner d'explications. Cela lui avait causé une petite déception et une légère blessure d'amour-propre.

Aujourd'hui, le pli amer de la bouche de Marion, ses cernes violets, ses yeux abattus, donnaient à Éric une âme de sauveur.

C'est terrible, ce qui t'arrive.

Elle hocha la tête misérablement en refoulant ses larmes. C'était l'occasion qu'Éric ne devait pas laisser passer. Elle pourrait se laisser aller à pleurer sur son épaule. Il passerait d'ami à confident, puis plus, pourquoi pas ?

Mais elle n'était pas mûre pour être cueillie. Elle était encore attachée à un autre comme un fruit trop vert à son arbre.

Éric s'assit sur le siège en face d'elle. Le bureau plein de dessins les séparait.

Tu veux en parler ?

Marion cacha son visage dans ses mains.

Peux pas.

N'oublie pas que je suis ton ami. Si tu as envie de discuter, je serai là.

Voilà, il progressait. Il n'avait plus le statut de collègue depuis qu'il s'était proclamé son ami. Pouvait-il creuser encore un peu son sillon ? Il se leva et posa fermement sa main sur celle de Marion. Les doigts glacés de la jeune femme frémirent à peine.

Merci, dit-elle.

Éric resta ainsi quelques secondes avant de sortir de la pièce. La jeune femme n'avait même pas remarqué qu'il n'avait évoqué aucun dossier professionnel.

Avait-il réussi à percer la carapace de désarroi que portait Marion en permanence ? Pas vraiment. Mais il l'avait peut-être fendue.

Quand il fut parti, la jeune femme regarda la porte fermée.

Il est gentil. J'étais gênée que mes parents jouent les entremetteurs pour nous, mais si je l'avais rencontré dans d'autres circonstances, il m'aurait plu, assurément. En plus, il a toujours été un collègue sympa et efficace. Et aujourd'hui, il se comporte comme un ami.

Passer la soirée de la Saint Valentin toute seule… Cela me déprime. Et si je le rappelais pour lui proposer de dîner ensemble ? Après tout, il n'est pas mal physiquement. Et lui, il voudra bien de moi.

Non. Personne ne mérite d'être utilisé comme un médicament aux chagrins d'amour. Mon cœur bat toujours pour Anthony. Enfin, plus précisément, mon cœur ne bat plus à cause d'Anthony.

La petite mélodie de son téléphone la fit sursauter. Un SMS. D'Anthony ! Depuis des jours et des jours, elle espérait en vain. Voudrait-il s'expliquer, la rencontrer, recommencer ? Ses mains tremblaient tellement qu'elle eut du mal à ouvrir le message.

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19 décembre 2020

Joyeux Noël avec Marion

Pour Noël, je partage avec vous un extrait de Marions Marion. Bonne lecture et joyeuses fêtes !

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 C'est déjà le matin de Noël. J'ai passé le plus bel automne de ma vie. Pas de déprime saisonnière, cette année ! Le jour du solstice d'hiver, une fine couche de neige est tombée sur la plaine, c'est trop beau ! 

[...]

La porte de la maison de la tante d'Anthony était décorée d'une couronne de houx en plastique.

J'ai le trac… Je veux absolument faire bonne impression !

Anthony toqua vigoureusement et une femme replète leur ouvrit avec un sourire engageant. Elle empoigna son neveu pour lui faire deux bises sonores et le serrer contre son énorme poitrine. Puis elle réserva le même traitement à une Marion surprise et un peu gênée.

La chaleur du feu qui crépitait dans la cheminée les enveloppa. Le brouhaha des discussions s'interrompit un instant à leur arrivée, remplacé par un concert d'exclamations : « Ah ! Les voilà ! », « On rencontre enfin la future mariée ! »

Marion fut embarquée dans un tourbillon de bises et d'accolades ponctuées de « Bienvenue dans la famille ! » et de « Quelle jolie bague de fiançailles ! ».

Puis on la plaça d'office dans le meilleur fauteuil, malgré ses protestations polies. À son grand soulagement, les conversations reprirent là où elles s'étaient interrompues.

[...] 

Parmi la quinzaine d'invités, je ne connais que Constant et Cassandra, mes futurs beaux-parents. Anthony m'a bien expliqué quels cousins, oncles, tantes et aïeux seraient présents… Mais je n'arrive jamais à retenir le nom des gens si je ne les ai pas rencontrés en vrai. Cela m'a déjà causé pas mal de problèmes ! Ma cousine s’était offusqué que je ne me souvienne pas du prénom de son futur bébé, dont elle parlait pourtant sans cesse.

Là, j'ai été présentée à tellement de gens en si peu de temps que je n'ai rien retenu ! Quelle angoisse ! Il faudra que je me débrouille pour ne pas avoir à prononcer les prénoms des convives. En plus, je n'arriverai jamais à tutoyer tout le monde comme on me l'a gentiment demandé. Finalement, je garderai un silence prudent, ce sera le mieux.

On proposa à Marion un verre de pétillant à la framboise (son préféré !). Elle accepta avec empressement dans l'espoir de se détendre un peu.

Les enfants se ruaient sur les chips, les adultes prenaient un air important pour parler de leur travail, et des anciens évoquaient le bon vieux temps. Un petit garçon turbulent cassa un verre.

— Pas de souci, s'exclama la tante d'Anthony en ramassant les mille morceaux au milieu du liquide qui pétillait. Briser un verre le jour de Noël, c'est devenu une tradition dans cette famille !

Ici, au moins, la dinde n'est pas dénaturée par une farce à la truffe, mais tout simplement accompagnée de marrons.

Et le plateau de fromages ne fait pas un mètre carré… (De toute façon, les fromages ne sont pas appréciés à leur juste valeur pendant les fêtes car tout le monde a déjà trop mangé et on envisage déjà avec angoisse l'ingestion de la bûche qui va suivre.)

Le roulé maison à la crème de marrons n'est pas décoré à la feuille d'or comme la création pâtissière inexplicable dégustée lors du réveillon au château.

C'est délicieux ! Tout d'abord parce que c'est vraiment bon, et surtout parce qu'on apprécie toujours mieux un repas quand il est assaisonné aux rires et à la bonne humeur.

[...]

En fait, tout se passa très bien jusqu'au digestif, un verre d'alcool de prune ou de bicarbonate de soude, au choix. Tout le monde parlait en même temps.

J'ai du mal à suivre les conversations parallèles qui se croisent parfois (aberration géométrique difficile à admettre pour une architecte ! Mais c'est bien ce qui se passe dans les réunions de famille, vous en conviendrez).

Marion et Anthony montraient en avant-première les faire-part.

Une cousine s'empara du bristol.

— Fais voir.

Elle regarda la carte d'un air dubitatif, puis se mit à la lire à haute voix en utilisant un ton pompeux.

M. et Mme Constant Chêne ; M. Bruno Decker, Mme Sylvie Lerich, vous annoncent le mariage de leurs enfants Anthony et Marion, qui se déroulera le 1er juin à 15 heures en l'église Saint-Pancrace de Velc-en-Forez ; il sera suivi d'un cocktail et d'un dîner servis à la résidence Decker-Lerich.

— Mais que t'arrive-t-il, Cassandra ?

La mère d'Anthony, livide, avait mis sa main devant sa bouche, les yeux écarquillés, immobile comme une statue. Toute la famille se tut. Un oncle s'approcha d'elle pour lui porter secours. Soudain, elle partit en courant vers la salle de bains.

— La pauvre, elle a dû trop manger… remarqua Tatie. Je vais lui préparer un bicarbonate de soude.

Mais ce n'était pas le repas qui avait rendu Cassandra malade.

 

 

 

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28 novembre 2020

Les mots de la semaine : perle et marguerite

Nous voici arrivés à la fin de ce mois de novembre si particulier. C'est le dernier samedi où je vous proposerai le mot de la semaine. Afin de finir en beauté notre parcours dans le dictionnaire historique d'Alain Rey, voici l'histoire de deux noms : perle et marguerite.

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Ces deux mots ont beaucoup plus de points communs qu'on ne peut le croire. Tout d'abord, dans les deux cas, le terme moderne n'a pas du tout le même sens qu'à l'origine.

Moi, j'aurais parié que perle venait d'un mot latin qui serait perla et qui voudrait dire perle. Simple et efficace, fin du jeu. Eh bien pas du tout !

Perle vient de pernula (latin populaire), dérivé de perna qui veut dire... jambonneau ! Quel glissement de sens a pu aboutir aux sphères nacrées dont on fait les colliers ? Eh bien, à cause de la forme de la coquille d'huitre, qui fait penser à celle d'un jambon à l'os. Le mot a désigné le coquillage puis la perle qu'on y trouvait. Incroyable, non ?

Mais dans ce cas, comment disait-on perle en latin ? La traduction indique : margarita. Tiens, tiens... Alors je vais chercher à marguerite pour voir comment la perle est devenue une fleur.

Au passage, le prénom Margaret, qui m'est cher pour une raison que vous connaissez bien, est issu du latin margarita, qui était déjà utilisé comme prénom dans l'Antiquité.

Au XIIIè siècle, l'expression "flors des margerites" (fleur de perle) a été utilisée pour la pâquerette à cause de sa couleur, c'est comme ça que le mot a fini par désigner la fleur aux pétales blancs. Par analogie avec la forme de la fleur, des sens techniques ont émergé, comme un cordage en marine ou le disque portant un ensemble de caractères dans la machine à écrire.

Donc, pour résumer, la marguerite est une perle et la perle est un jambon. Quand je vous disais que ce dictionnaire historique est plein de surprise !

 

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21 novembre 2020

Le mot de la semaine : fleur

Comme tous les samedis, je reviens vous conter l'histoire d'un mot. Aujourd'hui, je vous fais une fleur.

Etymologie simple, fleur vient de florem, un mot latin qui veut dire "fleur" mais aussi "partie la plus fine de quelque chose, surface".

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On connaît plusieurs sens et expressions pour ce mot : couvrir quelqu'un de fleurs, dire quelque chose avec des fleurs, être fleur bleue (car dans le langage des fleurs, le bleu exprime la tendresse). Il y a aussi des emplois figurés : faire une fleur (accorder une faveur), jeune fille en fleur (dans la fraîcheur de la jeunesse), la fleur de l'âge.

On retrouve le deuxième sens du mot originel, surface, dans les locutions à fleur de peau, du cuir pleine fleur (dont la surface supérieure est intacte), et dans les verbes affleurer et effleurer.

Intéressons-nous maintenant au dérivé fleurette. Au sens propre, avec le suffixe diminutif -ette, il signifie petite fleur ; au sens figuré, c'était un propos galant, vous connaissez l'expression "conter fleurette". Il existait aussi en moyen français (au XVIè siècle) le verbe "fleureter" qui signifiait "voler de fleur en fleur".

Vous me voyez venir... Vous avez lu l'article sur tôt et toast la semaine dernière, alors vous vous dites que le verbe fleureter aurait prit le ferry direction l'Angleterre pour revenir par l'Eurostar quelques siècles plus tard sous l'identité de "flirter". Eh bien... Pas du tout !

Fleureter et flirter ne sont pas des mots jumeaux, malgré leurs similitudes de sens et de prononciation. Flirter vient d'un verbe anglais ancien qui n'a rien à voir avec les fleurs. Cela voulait dire "agiter, remuer" puis "badiner, être inconstant" et enfin "faire la cour". C'est ce mot qui a traversé la Manche à la fin du XIXè siècle pour être francisé en fleureter et flirter. C'est l'orthographe anglaise qui perdure de nos jours.

Drôle d'histoire !

La semaine prochaine, je vous raconterai une autre histoire de mots en rapport avec les fleurs.

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14 novembre 2020

Le mot de la semaine : tôt

Continuons notre voyage dans le dictionnaire historique de la langue française d'Alain Rey. Intéressons-nous aujourd'hui à l'adverbe "tôt".

Vous savez que l'accent circonflexe cache un S. Ce signe servait aux copistes à gagner de la place sur les parchemins. Il s'agit donc à l'origine du mot "tost". Au départ, il signifie "vite", comme dans l'expression "avoir tôt fait de". Puis le sens glisse légèrement pour devenir "en avance par rapport à un moment fixé". Ce petit mot est intégré à de nombreux adverbes : aussitôt, bientôt, plus tôt, tantôt... Jusque-là, me direz-vous, rien de renversant. Et aucun rapport avec le mot "feu" de la semaine dernière. Quoique...

Maintenant, prononcez à voix haute notre petit mot en vieux français : tost. Et si je vous disais que cet adverbe vient du latin populaire, tostum, participe passé du verbe torrere qui signifie "dessécher, griller" ? Cela ne vous fait-il pas penser à quelque chose ? Eh oui ! Vous l'avez ! Votre tartine grillée du matin, votre toast, c'est un "tost", du pain que vous avez tôt fait de griller ! Mais comment est-ce possible ?

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Il y a deux paramètres à prendre en compte. Tout d'abord, un rapport étroit entre la chaleur et la rapidité. Il s'agit de la même métaphore que quand on "brûle les étapes". Un feu se répand vite, on court pour lui échapper. C'est ce qu'il se passe en France : toster = griller, chaleur -> rapidité, donc tôt = vite, puis en avance.

Le second paramètre, c'est un aller-retour France-Angleterre. Le verbe toster (=griller) traverse la Manche au Moyen-Âge. Il garde son sens premier avec une orthographe à peine modifiée : toast. Toster devient inusité en France mais perdure en Angleterre, pour nous revenir ensuite au petit-déjeuner avec une orthographe légèrement modifiée et son sens orignel !

Toast et tôt sont donc des mots jumeaux, dont un a grandi en France et l'autre en Angleterre.

Dans la même famille de mots issus de torrere, on retrouve : torride (très chaud), torrent (cours d'eau rapide ou asséché), torréfier (faire griller)...

Voilà pour le mot de la semaine ! Je reviens bientôt avec un autre mot amusant qui a fait la traversée de la Manche, ou plutôt l'aller-retour France-Angleterre, comme tôt l'a fait tantôt.

 

 

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